Après l’élection des représentants du personnel, la mise en place du CSE nécessite de respecter des étapes précises et des obligations légales. Cette période de transition est décisive pour assurer un fonctionnement optimal de l’instance représentative et garantir la défense efficace des intérêts des salariés.
Les premières démarches après l’élection des membres du CSE
L’élection des membres du CSE marque le début d’une période dense en formalités administratives et organisationnelles. Cette rencontre inaugurale permettra aux élus de structurer leur action collective et de définir les modalités concrètes de leur représentation du personnel.
Constitution du bureau et désignation des responsables
Lors de cette première réunion, les membres titulaires procèdent à la désignation du secrétaire et du trésorier parmi les élus. Le secrétaire assure la gestion administrative du comité, la rédaction des procès-verbaux et la conservation des documents. Le trésorier gère le budget de fonctionnement et celui des activités sociales et culturelles dans les entreprises d’au moins 50 salariés. Ces désignations s’effectuent à la majorité des membres présents, sans que le Code du travail n’impose de modalités particulières. L’employeur ne participe pas à ces votes, garantissant l’indépendance de la délégation du personnel dans son organisation interne.
Obligations de formation des membres titulaires
L’article L. 2315-17 du Code du travail prévoit que les membres titulaires bénéficient d’un droit à formation économique de 5 jours maximum, pris dès leur première année de mandat. Cette formation, financée par l’employeur, vise à leur permettre de maîtriser les attributions économiques et financières du CSE. Les heures consacrées à cette formation sont considérées comme du temps de travail effectif et rémunérées comme tel. Les membres peuvent également suivre une formation en matière de santé, sécurité et conditions de travail, d’une durée minimale de 5 jours pour un premier mandat.
L’accompagnement par CE Expertises
Dans ce contexte de prise de fonction, CE Expertises s’impose comme une référence dans l’accompagnement des instances représentatives du personnel. Le cabinet intervient dès la phase de mise en place pour former les élus aux réalités économiques de leur entreprise et aux mécanismes de consultation. Son expertise couvre l’ensemble des attributions du CSE, de l’analyse des orientations stratégiques à l’examen de la situation économique et financière, en passant par les questions de politique sociale. Cette approche permet aux nouveaux élus d’acquérir rapidement les compétences nécessaires pour exercer leurs prérogatives avec pertinence et assurer une représentation efficace du personnel.
Formalités administratives obligatoires
Les élus doivent accomplir plusieurs démarches dans les semaines suivant leur élection. L’établissement du règlement intérieur du CSE constitue une priorité, définissant les modalités de fonctionnement, le nombre de réunions annuelles (au minimum 12 dans les entreprises de 50 salariés et plus), et les règles de quorum. Le CSE doit également organiser la tenue de ses registres obligatoires et mettre en place ses moyens de communication avec le personnel, notamment l’affichage et la diffusion des informations. Ces premières semaines conditionnent la capacité du comité à exercer pleinement ses missions de représentation et de consultation tout au long du mandat.

Les attributions et missions fondamentales du comité social et économique
Expression collective et représentation du personnel
Le comité social et économique assure l’expression collective des salariés en portant leurs préoccupations auprès de la direction. Cette mission s’articule autour de plusieurs volets définis par l’article L. 2312-8 du Code du travail. Les élus présentent à l’employeur les réclamations individuelles ou collectives concernant l’application du code du travail, les conventions collectives, ainsi que les questions relatives aux salaires et à la protection sociale.
La délégation du personnel intervient également pour promouvoir la santé, la sécurité et l’amélioration des conditions de travail. Les membres du CSE réalisent des enquêtes lors d’accidents du travail ou de maladies professionnelles. Ils disposent d’un droit d’alerte leur permettant de saisir l’employeur en cas d’atteinte aux droits des personnes, de danger grave et imminent, ou de situation économique préoccupante.
Consultation sur l’organisation générale de l’entreprise
Conformément à l’article L. 2312-8, le CSE est informé et consulté sur les questions intéressant l’organisation, la gestion et la marche générale de l’entreprise. Cette consultation porte notamment sur :
- Les mesures affectant le volume ou la structure des effectifs
- Les modifications de l’organisation économique ou juridique
- Les conditions d’emploi, de travail et de formation professionnelle
- L’introduction de nouvelles technologies
- Les aménagements modifiant les conditions de santé et de sécurité
- Les mesures facilitant le maintien au travail des personnes handicapées, malades ou accidentées
L’employeur doit respecter un délai de consultation d’un mois, à défaut d’accord prévoyant un autre délai. Le non-respect de cette procédure peut entraîner la nullité des décisions prises et expose l’employeur à des sanctions pénales.
Les trois grandes consultations annuelles
Les ordonnances Macron de septembre 2017 ont recentré les consultations obligatoires du CSE autour de trois thématiques majeures, reprenant ainsi l’organisation initiée par la loi Rebsamen :
| Consultation | Contenu | Périodicité |
| Orientations stratégiques | Perspectives d’activité, évolutions économiques et financières prévisibles | Annuelle |
| Situation économique et financière | Résultats, bénéfices, politique d’investissement | Annuelle |
| Politique sociale | Emploi, durée du travail, formation, conditions de travail | Annuelle |
Ces consultations peuvent être regroupées en deux consultations annuelles par accord d’entreprise. La base de données économiques et sociales et environnementales (BDESE) constitue le support d’information du CSE pour ces consultations.
Différenciation selon l’effectif de l’entreprise
Les entreprises de 11 à 49 salariés bénéficient d’un régime allégé. Le CSE y exerce principalement les anciennes prérogatives des délégués du personnel : présentation des réclamations, veille au respect du droit du travail et des conventions collectives. Les trois consultations annuelles ne s’appliquent qu’aux structures d’au moins 50 salariés.
Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, le CSE dispose de moyens renforcés. Il bénéficie d’une subvention de fonctionnement représentant 0,2% de la masse salariale brute et peut recourir à des expertises dans le cadre de ses consultations. Les membres titulaires disposent d’un droit à une formation économique d’une durée minimale de 5 jours lors du premier mandat, puis 3 jours minimum en cas de renouvellement (5 jours pour les entreprises de plus de 300 salariés), financée par l’employeur, leur permettant de maîtriser les aspects économiques et financiers de leurs missions.

Les moyens de fonctionnement et ressources à disposition des élus
Une fois les élus désignés, le CSE dispose de ressources concrètes pour exercer ses attributions. Ces moyens matériels et financiers garantissent l’autonomie du comité dans l’accomplissement de ses missions de représentation du personnel.
Le crédit d’heures de délégation selon l’effectif
Les membres titulaires bénéficient d’un crédit d’heures mensuel variable selon la taille de l’entreprise. Ce temps rémunéré leur permet d’assurer leurs fonctions représentatives sans pénalité salariale. Pour les structures de 11 à 24 salariés, la loi prévoit 10 heures par mois. Les entreprises comptant entre 25 et 49 salariés accordent 10 heures mensuelles. Les heures non utilisées peuvent être mutualisées entre membres titulaires ou reportées sur une durée supérieure au mois.
Les budgets du comité social et économique
Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, l’employeur verse deux subventions distinctes. Le budget de fonctionnement finance les dépenses administratives : frais d’expertise, abonnements juridiques, fournitures, formation des membres. Le budget des activités sociales et culturelles, dont le montant reste négociable, provient généralement d’un transfert historique ou d’un accord d’entreprise fixant son niveau.
| Type de budget | Base de calcul | Utilisation |
| Fonctionnement | Défini par accord ou usage | Frais administratifs, expertises, formation |
| Activités sociales | Négociable selon accord | Prestations aux salariés, oeuvres sociales |
Moyens logistiques et protection des mandats
L’organisation du travail des représentants nécessite des moyens matériels concrets. L’employeur met à disposition un local aménagé permettant aux membres de se réunir et de recevoir les salariés. Ce local doit contenir le matériel nécessaire : mobilier, téléphone, connexion Internet, armoires sécurisées pour les documents confidentiels. Les élus peuvent afficher les communications syndicales sur des panneaux dédiés et circuler librement dans l’entreprise durant leurs heures de délégation.
La protection contre le licenciement constitue une garantie statutaire. Tout licenciement d’un représentant requiert l’autorisation préalable de l’inspection du travail. Cette protection s’étend également aux candidats aux élections professionnelles.
Obligations de discrétion et confidentialité
Les membres du CSE sont tenus à une obligation de discrétion à l’égard des informations revêtant un caractère confidentiel et présentées comme telles par l’employeur. Cette obligation concerne particulièrement les données stratégiques, financières ou commerciales sensibles. Les élus doivent également respecter le secret professionnel concernant les procédés de fabrication. La violation de ces obligations expose les contrevenants à des sanctions disciplinaires, voire pénales dans certains cas.

Les bonnes pratiques pour optimiser l’efficacité du CSE au quotidien
L’efficacité d’un CSE nouvellement élu repose sur l’adoption de méthodes de travail rigoureuses dès les premières semaines de mandat. La préparation minutieuse des réunions constitue la première condition d’un dialogue social constructif : les élus doivent analyser l’ordre du jour, étudier les documents transmis par l’employeur et préparer collectivement leurs interventions. Cette organisation préalable permet d’optimiser le temps de réunion et de formuler des avis argumentés.
La gestion quotidienne des missions représentatives
Les élus du CSE doivent mettre en place des outils de suivi efficaces pour traiter les réclamations individuelles et collectives des salariés. L’organisation de permanences régulières favorise la remontée d’informations du terrain et maintient le lien avec les équipes. La tenue d’un registre des demandes permet d’assurer la traçabilité des dossiers et de vérifier que chaque situation trouve une réponse adaptée. Le crédit d’heures doit être géré avec rigueur pour concilier les missions représentatives et l’activité professionnelle de chaque élu.
La veille et l’alerte au service du personnel
La veille juridique et sociale s’impose comme une nécessité pour maîtriser l’évolution du droit du travail et les nouvelles obligations de l’entreprise. Les élus doivent se tenir informés des modifications législatives et des jurisprudences récentes qui impactent leurs attributions. Les droits d’alerte prévus par le Code du travail constituent des leviers d’action déterminants : l’alerte en cas d’atteinte aux droits des personnes, à leur santé physique et mentale ou aux libertés individuelles, l’alerte en cas de danger grave et imminent en matière de santé publique et d’environnement, l’alerte en cas de situation économique préoccupante, ou encore l’alerte en cas de recours abusif aux CDD. Selon l’article L. 2315-94, le CSE peut solliciter l’assistance d’un expert-comptable lors des consultations obligatoires, ce qui renforce sa capacité d’analyse des projets patronaux.

L’essentiel à retenir sur la mise en place du CSE après les élections
La mise en place du CSE après les élections constitue une période déterminante pour l’exercice futur des mandats. Les évolutions réglementaires récentes tendent vers une professionnalisation accrue des élus, avec des formations renforcées et des outils numériques facilitant leurs missions. L’accompagnement par des experts spécialisés devient progressivement une nécessité pour maîtriser la complexité croissante du droit social et économique.